MEDAMP : Pourquoi ? (copie 27/07/2020)

 

 

Présente l’inventaire : 65 aires marines protégées ou réserves de pêche

Depuis 1965, des aires marines protégées gérées par l’Etat, les collectivités territoriales, les prud’homies de pêcheurs et les autres utilisateurs de la mer ont été créées avec 7 statuts différents. Certaines ont été classées par une loi dans l’appellation « aire marine protégée », d’autres non. Cependant peu d’entre elles peuvent être considérées comme étant représentatives d’un espace ou d’un milieu marin protégé. Les dernières créations sont des aires cogérées plutôt que « protégées ». De ce fait, il y a une grande confusion sur les objectifs, les appellations, les statuts, les réglementations en vigueur, les niveaux de surveillance et de prévention ; toutes ces caractéristiques diffèrent d’un site à l’autre et sont, pour certaines zones, modifiées souvent dans le temps. La base de données MEDAMP est un observatoire de la protection de la biodiversité littorale des côtes françaises de la Méditerranée. Avec l’inventaire exhaustif des zones protégées, elle donne toutes les caractéristiques des 45 « aires marines protégées » ainsi dénomées par la loi mais aussi celles des 20 réserves de pêche (cantonnements et concessions).

Identifie des niveaux de protection

Contrairement aux milieux terrestres il n’y a pas d’endémisme localisé en Méditerranée : il n’y a pas d’espèces que l’on ne trouve que dans une baie ou autour d’une île. Il n’y a ainsi pas d’espèces en grand danger d’extinction devant les côtes françaises de la Méditerranée nécessitant une protection très forte de son biotope. Par contre les équilibres sous-marins sont localement bouleversés par les activités humaines. De ce fait, la biodiversité locale peut être réduite et le rendement utile pour l’homme diminué (pêche, vision sous-marine pour le tourisme, plongée). La base de données MEDAMP permet d’archiver des données quantitatives et qualitatives sur le niveau de protection du milieu marin littoral. Les niveaux retenus dépendent :

Evalue la protection des zones les plus convoitées et les plus menacées

Les zones les plus vulnérables les plus convoitées et menacées par les activités humaines sont les petits fonds littoraux (essentiellement entre 0 et -20m).

De très loin la principale atteinte à la biodiversité littorale des côtes françaises de la Méditerranée est représentée par les aménagements construits sur la mer. Ce sont uniquement les petits fonds (0 à -20m) qui sont menacés par cette atteinte physique à la biodiversité. La protection d’espaces littoraux allant jusqu’au rivage, permet de préserver définitivement les écosystèmes des très petits fonds.

Le prélèvement d’espèces induit par la surpêche représente la seconde pression anthropique sur la biodiversité littorale. Elle inclut la pêche professionnelle et de loisir (pêche à la ligne - à pied ou en bateau - et chasse sous-marine). Ce sont aussi les petits fonds qui sont le plus exposés à cette prédation humaine. La pêche traditionnelle y est très active et certaines pratiques de pêche de loisir ne s’exercent que dans cette tranche bathymétrique (chasse sous-marine et pêche à pied).
La création d’espaces marins protégés où la prédation humaine est interdite ou limitée est la seule solution qui permet de préserver les équilibres biologiques : c’est « l’effet réserve », il garantit le maintien de la biodiversité.
Ainsi, il est nécessaire d’évaluer les efforts de protection par tranche bathymétrique.
La base de données MEDAMP permet de déduire le niveau de protection (hiérarchie de la réglementation de la pêche en place) de chaque espace protégé. Elle donne le taux de chaque niveau de protection d’une zone géographique (département, région ou zone administrative (Directive Cadre Eau - DCE- ou Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux - SDAGE) et de chaque tranche bathymétrique des fonds littoraux. L’analyse des données stockées dans MEDAMP met ainsi en évidence la répartition de l’effort de protection par rapport aux menaces les plus évidentes à la biodiversité.

Les dégâts physiques causés par les mouillages répétés des grosses unités surtout sur les herbiers de posidonies relèvent plus d‘une nécessité d’application de la loi de façon uniforme (partout où l’herbier de posidonie est présent) que de la mise en place d’espaces dédiés à cette protection.

Présente l’évolution de la protection

Depuis la création de la première aire marine protégée en 1965, les réserves sous-marines et aires marines protégées ont été établies progressivement. Depuis, certaines ont été abrogées, d’autres ont été modifiées (changement d’aire ou changement de niveau de protection dans des sous zones). Dans la base de données MEDAMP toutes les données historiques de la protection ont été intégrées (inventaire dans le temps des zones abrogées ou étendues, ou des sous-zones ayant changé de niveau de protection).

Dans le cadre d’un challenge auquel la France a souscrit au niveau international (la convention dite d’« Aîchi » qui impose une protection de 20 % des espaces sous-marins littoraux à tous les pays signataires d’ici 2020), le site MEDAMP présente l’évolution des surfaces des aires protégées ou des taux de protection par zone géographique ou bathymétrique avec les niveaux de protection.